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VOTRE DÉMOCRATIE ACTIVE

Suite à notre dernière lettre-info intitulée « Bientôt Ravachol », nous avons reçu ce message auquel nous avons tenu à apporter une réponse, l’occasion de faire un point sur cette drôle de période.

Le message reçu le 8 juillet dernier, d’un certain Olivier L. dont nous avons masqué le nom de famille, bien qu’il ait signé son message :

« Bonjour,
Mentir, déformer la réalité pour faire valoir son point de vue : c’est justement ça le totalitarisme, avec un nom la propagande. On ne peut combattre un mal en l’exerçant.
Prenez donc le temps de mettre une mesure sur de que vous avancez : « climat de violence jamais atteint depuis longtemps », prouvez-le, analysez-le. Alors que au contraire la démocratie est active vous dénoncez un totalitarisme : prouvez-le.
C’est la faiblesse du discours, la facilité de la fausse dénonciation qui condamne vos opinions à rester ultra minoritaire.
Les Français n’ont pas voté ? Il n’y a pas eu de débats ?
Il n’y a jamais eu de violence avant ?
Malik, Charlie, 95 ?
Relisez donc les rapports annuels d’Amnesty.
Trop facile, trop flemmard tout ça, vous pouvez faire mieux.
Vous avez déjà fait mieux. »

Olivier L.

RÉPONSE

Cher Olivier, vous réagissez à notre lettre-info où nous pointions quelques faits récents et un « glissement de nature totalitaire ».
Vous nous traitez de menteurs et de flemmards… Vous voulez nous provoquer, Ok ! Mais vous allez devoir, vous aussi, sortir de la torpeur de l’été pour nous lire, regarder nos films et vous documenter un peu si vous voulez pas qu’on vous retourne le compliment !
Nous répondons ici en détails à votre invitation à prouver ce que l’on raconte et qui est facilement vérifiable par vous-même.

Vous dites « Fausse dénonciation » ?

A moins qu’on ne vive pas dans le même pays, oui, nous pouvons malheureusement confirmer à ce jour ce que nous écrivions dans notre dernière lettre info.

Tout d’abord, puisque vous faites référence à Amnesty International, qui ne constitue pas la seule source fiable en la matière, commençons par citer cette ONG dans cet article du 18 juillet 2019 : « (…) le nombre inédit de blessés graves lors de manifestations et l’usage disproportionné de la force à l’encontre de journalistes, de militants écologistes ou de participants à la fête de la musique soulèvent de sérieuses inquiétudes quant aux stratégies de maintien de l’ordre employées par la police. »

Cette affirmation que vous jugez peut-être « trop facile » est confirmée par les données consciencieusement répertoriées par le journaliste-réalisateur David Dufresne depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes sur Mediapart et sur son compte twitter« Allô, Place Beauvau ? » allo@Place_Beauvau.

Et cela est aussi constaté par les manifestants, les journalistes et réalisateurs indépendants dont vous pouvez facilement voir les images un peu partout sur les réseaux sociaux si vous avez accès à Internet.

Le bilan actuel de la répression du mouvement des Gilets Jaunes, en augmentation de semaine en semaine, est le suivant : 860 signalements, 315 blessures à la tête, 24 éborgné·es, 5 mains arrachées et un décès… dont la cause est contestée depuis le début par le plus haut sommet du pouvoir. C’était le 2 décembre 2018, pendant une manifestation des gilets jaunes à Marseille : Zineb Redouane, une dame de 80 ans, reçoit un tir de grenade lacrymogène en plein visage alors qu’elle était à sa fenêtre. Une récente autopsie faite à Alger contredit les affirmations des autorités françaises et fait état d’un "important traumatisme facial imputable à l’impact d’un projectile non pénétrant (...) pouvant correspondre à une grenade lacrymogène".

Voir le sujet de LE MEDIA du 11/07/19 : « MORT DE ZINEB REDOUANE : UNE AFFAIRE D’ÉTAT »

Vous dites Charlie ?

Comparer les morts provoqués par l’action de la police à celles provoquées par des terroristes de Daesh comme vous le faites en faisant référence à « Charlie » nous semble totalement déplacé. La police française, c’est quand même pas Daesh ! Mais des morts tombés sous les armes de la police, rien de neuf effectivement, l’histoire de France en est parsemée. Elle n’est pas à imputer aux forces de l’ordre dans leur ensemble, bien sûr, mais à ceux qui donnent les ordres et sont censés contenir la violence légitime de l’Etat, autoriser la libre expression, la libre manifestation et protéger ses concitoyens dans la rue, même quand ils sont contrôlés par la police, même quand ils manifestent. Sans naïveté excessive, c’est ce que chacun de nous peut exiger raisonnablement d’une démocratie digne de ce nom.

Depuis des mois, manifester est devenu dangereux dans ce pays. Fort heureusement, nous n’avons pas encore atteint le niveau de répression de la manifestation de Fourmies le 1er mai 1891, quand la troupe avait tiré sur les manifestants qui luttaient pour la journée de 8 heures, laissant 9 morts sur le carreau, dont 4 jeunes femmes et un enfant, ainsi que 35 blessés. Faut-il s’en satisfaire ?

Vous dites Malik ?

Vous faites référence à Malik Oussekine, mort en 1986 sous les coups des « voltigeurs », brigade de motards mise en place après Mai 68 par Marcellin, supprimée puis réapparue pendant la loi travail sous la présidence François Hollande et utilisée pour mater la révolte des Gilets Jaunes, renforcés par des nouveaux LBD et grenades de désencerclement, qui éborgnent et mutilent les corps. C’est un choix de répression ultra violent, qui n’est pas utilisé dans tous les pays, mais qui est le choix assumé par nos gouvernants en toute conscience. De nos jours, un mort ou un disparu, ne fait plus tomber un gouvernement, pas même un ministre. Pas plus Rémi Fraisse sous Hollande que Steve Maia Caniço sous Macron. Dans notre démocratie moderne, un jeune ne vaut même pas un homard !

Pour ne parler que de quelques affaires récentes ayant entrainées la mort suite à des rencontres policières dans des conditions plus que douteuses : Adama Traoré, Gaye Camara, Babacar, Matisse et Selom, Curtis … Des jeunes tués par la police en France ces dernières années, des familles détruites, des quartiers ravagés pour plusieurs générations. Ce genre de « bavures » ne fait souvent même pas une brève sur BFM alors que les commentateurs sont toujours très attentifs à scruter la joie des supporters algériens un soir de victoire au foot, en espérant filmer un débordement qui ne vient pas toujours.

Cela fait longtemps qu’en France, les gouvernants méprisent ces « jeunes des quartiers » pour ne pas dire les Noirs, les Arabes et tout ce dont le faciès ne correspond pas aux « Français-français » dont rêvent des Français qui se croient plus Français que les autres. Ce que vivent ces Français méprisés, abandonnés, maltraités, acculés, entraine un cercle vicieux de délitement de la société désormais bien connu des observateurs et des dirigeants politiques. Une fabrique de la haine, un feu permanent sur lequel on jette de l’huile à coup de contrôles aux faciès, d’arrestations violant toutes les règles, de matraques et de LBD, avec les mêmes méthodes appliquées contre le mouvement des Gilets Jaunes et ainsi révélées au grand public. Et tout ça produit quoi à votre avis ?

Vous aviez peut-être voté Macron pour faire barrage au fascisme et repousser ces hordes de racistes qui votent mal ? Tant pis… Dans la Macronie, rien de neuf donc.

Vous dites "démocratie active" ?

Mais ne faisons pas porter à Emmanuel Macron tous les maux de la société française contemporaine, contentons-nous d’un petit florilège de banalités produites par cette « démocratie active » comme vous dites, relevé juste sur les dernières semaines :

À Paris, le 16 juin, Gaël Quirante, délégué syndical est interpellé à son domicile à 6 heures du matin pour une garde à vue, suite à une action au siège national de La Poste.

À Nantes, le 21 juin une charge policière lors de la fête de la musique pousse des jeunes à la Loire. Steve Maia Caniço n’a, à ce jour, jamais réapparu. [ NDLA : Le corps du jeune homme a été finalement retrouvé dans le fleuve dans la journée du 29 juillet 2019]

À Rouen, le 26 juin, un homme est arrêté et a pris des coups de Taser parce qu’il distribuait des tracts sur un rond-point avec d’autres « Gilets Jaunes ».
- Voir les images ici

Fin juin à Lille, pendant une manifestation des Gilets jaunes, un homme en fauteuil roulant est matraqué, renversé et interpelé violement par la police, comme on l’a vu maintes fois depuis novembre sur beaucoup d’images.

Régulièrement, la police empêche les reporters de tourner des images depuis des mois, comme le 11 juin où un reporter de Là-bas si j’y suis a été molesté par la police et placé en garde à vue alors qu’il filmait une manifestation de sans-papiers.
- Voir le sujet ici.

Ou encore le 3 juillet devant le siège d’Amazon, pendant une manifestation écologiste, où la police à tenté, comme souvent, d’entraver les prises de vues des reporters d’images.
- Voir le sujet ici

Dans le « vieux monde », que certains d’entre nous ont connu, ce type d’événement, lorsqu’il était médiatisé, était défendu par le Pouvoir comme des bavures exceptionnelles et pouvait provoquer parfois quelques remontrances républicaines, voir même un blâme, une mise à pied, une mutation, des excuses aux familles de victimes parfois… (quand même pas en « banlieue », il faut pas exagérer !)

Mais dans le nouveau monde, ça n’arrive plus jamais, et c’est tout le contraire qui se produit. Provocation et cynisme ont encore atteint un niveau supérieur, le 16 juin dernier, lorsque le ministre Christophe Castaner a pris soin de décorer de la médaille de la sécurité intérieure « destinée à récompenser les services particulièrement honorables notamment un engagement exceptionnel », des agents parmi lesquels au moins cinq sont impliqués dans des enquêtes concernant des violences policières, dont Rabah Souchi qui était en tête de la charge policière sur Geneviève Legay à Nice mais aussi Bruno Félix, qui commandait les CRS auteurs des tirs ayant tué Zineb Redouane à Marseille. La « démocratie active », ça se mérite !

Le 14 Juillet, avant le défilé présidentiel sur les Champs Elysées, trois leaders identifiés du mouvement des Gilets Jaunes (Eric Drouet, Maxime Nicolle et Jérôme Rodriguez) ont été arrêtés avant le défilé et en dehors de la zone d’interdiction de manifester. Ils n’ont été relâchés que dans l’après-midi, après le défilé. Arrêter des présumés futurs manifestants en dehors des zones sécurisées avant même qu’ils n’aient fait quoi que ce soit d’illégal…

Depuis le 17 novembre 2018, rien qu’à Paris, par crainte des manifestations de « Gilets Jaunes », 2 948 personnes ont fait l’objet d’une garde à vue (selon Le Monde du 17 juillet). Passons sur les conditions de ces gardes à vues, humiliantes, ne respectant pas les règles d’accueil minimum, les fouilles « à poil » des prisonniers politiques, laissés de longues heures au milieu des excréments… La grande classe cette « démocratie active » !

Que diraient les grands « démocrates » si ce genre d’arrestations se produisait en Russie ou ailleurs ?

Et ce ne sont pas seulement les leaders qui sont visés, ce 14 juillet il y a eu 175 interpellations pour préserver le président Macron du petit désagrément de quelques sifflets supplémentaires sur son passage (et non pas celui des soldats comme il l’a prétendu ensuite pour se dédouaner). Des ballons jaunes ont été crevés par la police pendant le défilé au cas où ça puisse vexer le président… Et Sophie Tissier, engagée dans le mouvement des Gilets Jaunes, bien connue des réseaux sociaux et donc des services de police, qui ne cesse de revendiquer la non-violence depuis des mois, a été interpellée et mise en garde à vue dans les conditions humiliantes et dégradantes habituelles juste parce qu’elle gonflait un ballon de baudruche jaune sur les Champs Élysées et qu’elle était en possession, dans son sac, d’un masque… à l’effigie du président. Nouveaux délits dans ce nouveau monde. Avec de telles absurdités, ils sont capables d’arrêter le maillot jaune lors de l’arrivée du Tour de France sur les Champs Élysées !

- Voir le sujet ici

Vous demandez si "les Français ont voté" ?

Comme vous le rappelez Olivier L ., nous sommes effectivement « en démocratie » puisque nous pouvons voter. Une forme particulière très monarchique sous la 5ème république et ce sont 20,7 millions de français qui ont élu Emmanuel Macron au second tour des élections présidentielles en 2017, sur près de 67 millions de Français, dont beaucoup furent terrorisés par la présence fort pratique de Marine Le Pen. C’est la règle actuelle et qui peut-être un jour évoluera vers un régime plus avancé sur le plan démocratique. Mais nous sommes en droit de nous demander si le président a été élu en connaissance de cause. Permettez-nous d’en douter après avoir lu la très sérieusement documentée enquête de Marc Endeweld « Le grand manipulateur – les réseaux secrets de Macron » (Edition Stock), assez peu relayée dans les médias à grands moyens et à forte diffusion.

Vous demandez s’il n’y pas eu de "débat" ?

Vous parlez de quels débats au juste ? La mascarade des quelques débats télévisés des élections présidentielles ? Du soutien permanent des médias à grands moyens et à forte diffusion dont a bénéficié le candidat Macron, président soutenu par les ultra-riches et les gros propriétaires de médias ? A moins que vous vouliez parler de la grande opération de propagande du « grand débat » en réponse au mouvement des Gilet Jaunes et dont on attend toujours la moindre conséquence ?

La Justice passe

Dans une démocratie, quand ça dérape, il nous reste cependant l’espoir d’une justice bien rendue, indépendante, impartiale…. Et là encore, déception. Pour ne rester que dans une actualité très récente, dans l’affaire de la charge policière de Nice le 23 mars dernier, où Geneviève Legay, 73 ans, militante de l’association ATTAC, a perdu connaissance et subit de graves blessures, nous apprenons de l’aveu du procureur de Nice au journal Le Monde, qu’il a disculpé la police immédiatement après les faits parce qu’« il fallait éviter de mettre le président de la République en difficulté ». Justice active pour démocratie active ?

- Lire l’article du Monde du 24/07/2019

Comprendre ce qui nous arrive

Ce que nous décrivions prudemment comme un « glissement de nature totalitaire » n’est effectivement pas le fait d’un seul homme, tout président de la République qu’il soit, mais c’est le signe d’un pouvoir trop faible pour convaincre l’opinion et qui entend garder la main par la force avec la complicité de diverses institutions qui elles aussi ont peur de perdre leur pouvoir. Car ce gouvernement sait que, pendant des mois, les Français ont soutenu très majoritairement la révolte, jusqu’à ce que la surenchère de violence, l’énorme propagande déployée, et l’impasse politique finissent par éteindre (provisoirement) l’incendie, au moins en apparence… Car dans votre « démocratie active », c’est la stratégie du choc et de la confrontation permanente qui est le modèle stratégique du pouvoir et il va falloir s’habituer à un haut niveau de violence. Là encore, rien de neuf, il s’agit d’un modèle expérimenté aux Etats-Unis et dans sa sphère d’influence, notamment sud-américaine. Comprendre ce qui nous arrive, c’est comprendre le monde et l’Histoire. Pour aller plus loin, vous pouvez notamment regarder le film Requiem pour le rêve américain, dans lequel Noam Chomsky démontre avec sa lucidité habituelle, à partir de faits tous vérifiables, comment a été mis en place cette forme de gouvernance, à travers le contrôle des grandes institutions et des concentrations de richesses et de pouvoirs inégalés jusque-là. La Macronie n’est qu’une pathétique réplique française de cette évolution du capitalisme mondial.

L’avenir dépendra, comme nous l’enseigne l’Histoire, de la capacité de révolte des peuples et du rapport de force qui sera établi d’une façon ou d’une autre. Car la démocratie n’est active que si on s’en sert.

Mais vous avez raison, ce sont aux dissidents de trouver les arguments et aux opposants de proposer des alternatives, de s’organiser pour être crédibles et convainquant pour établir un rapport de force suffisant à résister.

L’arme la plus puissante dont dispose le Pouvoir pour garder la main est « la résignation ». « Ne pas leur laisser penser que la révolte, ça peut marcher » est la doctrine des Rockefeller, c’est la doctrine de tous les gouvernants autocrates, c’est celle de la Macronie.

Ne pas tomber dans les pièges tendus est la moindre des choses.
Parmi les nombreuses batailles, il y a celle qui consiste à tenter de contrer la propagande du Pouvoir, qui dispose de moyens disproportionnés pour imposer sa « novlangue » et qui cherche sans cesse à reprendre la main sur les outils qui lui échappent, à travers des lois liberticides et toutes les astuces leur permettant d’attaquer la liberté d’expression. Mais aussi, il faut tenir dans la durée et résister aux censures économiques toujours difficiles à déjouer quand il s’agit de produire des films par exemple.

En ce qui nous concerne, nous préfèrerions utiliser notre temps, notre énergie et notre créativité à ne pas rabâcher à longueur de textes et de films ces banales évidences. Mais tant que nous nous solliciterez, nous vous répondrons, portés par notre passion du débat.

A court d’arguments, nous vous laissons donc regarder les films qu’on vous propose sur lesmutins.org, on ne peut pas faire plus pour vous pour l’instant…

A bientôt.

Olivier Azam pour Les Mutins de Pangée, 27 juillet 2019

RÉPONSE - suite

Bonjour Olivier Azam,

Merci d’avoir pris le temps de me répondre.

L’Europe a connu pendant 70 ans la totalitarisme. Soljenitsyne, les camps de la morts, le goulag en sont les marques indélébiles dans notre histoire. Les mots ont un sens, celui de l’histoire en l’occurrence. En aucune façon nous ne sommes dans un totalitarisme, ni dans un glissement de nature totalitaire. Je ne serai jamais d’accord avec vous sur ce point.

L’histoire de notre pays est marquée par une récurrence, une culture de la violence policière. En 1968 les barricades ont été reprises une à une en quelques jours. Il ne faut pas oublier le SAC, l’assassinat d’un ministre, un mort par mois en moyenne du fait de violence policière dans les années 1990. Chaque année le rapport d’Amnesty en faisait état. Il faut condamner toujours, éduquer surtout, former, apprendre le dialogue. En aucune façon cela est interdit chez nous, au contraire d’un totalitarisme.

Ce qui me désole c’est que votre discours caricatural vous rend inaudible au grand nombre : j’aimerais que vous ne soyez pas disqualifié par ces mots inappropriés, qui empêchent votre formidable travail d’être plus diffusé.

Ce qui est frappant c’est que lorsque je parle élection, vous ne parlez que présidentielle : nous avons élu des députés français et Européens. Cela ne compte pas pour vous ? C’est justement l’expression du peuple, avec ses limites et ses faiblesses. Deux modes de scrutin différents, et des résultats ?? regarder tout de même. Alors qu’E. Macron n’a pas changé la constitution, comment comprendre cette idée d’un glissement totalitaire ? Dogmatisme malheureusement.

Les gilets jaunes ont pu s’exprimer et manifester plus de 40 semaines. Des ronds points ont été occupés des mois. Vous osez dire qu’il n’y a pas eu d ??bat ? Pendant toute cette période, ils ont revendiqué, manifesté. D’autres aussi d’ailleurs et pour d’autres causes.

Non vraiment : dénoncer l’absence d’un vrai débat alors que la France vote et réfléchi à son avenir depuis 2 ans est une impasse inaudible. Et déjà le débat est lancé pour les municipales.

Les Fran ??ais ne sont pas résignés : ils choisissent leurs combats. Il n’y a jamais eu autant de Français impliqués dans des associations de tous types, jamais autant de dons. Les élections ont mobilisés des dizaines de millions de Français (même si je souhaiterai plus encore). C’est ne pas les comprendre que de les croire résignés. Ils croient en la démocratie, en notre république pour une grande majorité. Nous sommes un peuple en résistance au changement subi : nous cherchons l’équilibre entre la liberté et la justice, nous écrivons une voie singulière. De résignation il n’est point, d’envies différentes oui.

Je pense que le combat à mener n’est pas contre notre république, ses institutions, ses corps intermédiaires, ses maires, ses députés. Non. Pour moi les nouveaux pouvoirs des multinationales, l’urgence environnementale, l’urgence de la solidarité et de la lutte des inégalités entre pays, la mise en place d’institutions internationales stables et respect ??s sont les causes que nous devons embrassés pour un monde plus juste et plus accueillant à nos enfants. Mais ce n’est que mon humble avis.

Mes plus respectueuses salutations

Olivier L. 29 août 2019

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