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Au sein des mutins de Pangée, nous avons produit deux films pour le cinéma qui racontent l’histoire et les fondements de la propagande de guerre, Chomsky & Cie et Howard Zinn, une histoire populaire américaine, de Daniel Mermet et Olivier Azam. Tout ce qui est dit dans ces deux documentaires, les analyses de Noam Chomsky et Howard Zinn, éclairent encore aujourd’hui la situation que nous vivons et que nous ne pensions pas revivre de la sorte tant que le président Macron n’avait pas décidé de faire le mariole, au risque de nous entrainer dans la pire escalade, « en même temps ». On se pince ! Les vieilles rengaines de la propagande de guerre sont recyclées par des élus qui se targuent de leur jeunesse !
« Nous ferons le nécessaire pour atteindre nos objectifs », a répété le président.
Des députés et des éditorialistes viennent partout traiter de « munichois » et de « pétochards » celles et ceux qui osent exprimer des arguments qui s’opposent à l’excitation à vouloir en découdre « quoi qu’il en coûte » (devant des micros et des caméras surtout). Tout argument est bon à écouter, mais on a un peu du mal à prendre au sérieux leurs discours bellicistes, qui semblent souvent faire abstraction de la réalité. Il n’aura échappé à personne que nous sommes bien en 2024 et, à la différence de 1938, il y a un petit « détail » que ces « va-t-en-guerre » semblent oublier dans leurs coups de mentons répétés à tort et à travers : en août 1945, il y a eu la destruction d’Hiroshima et Nagasaki, et nous parlons depuis d’un petit jeu dangereux avec des puissances nucléaires capables de détruire tout ceux qui vivent sur terre en quelques minutes (sauf les cafards et quelques insectes probablement). Cela fait deux ans qu’on nous explique que Poutine est un fou dangereux sanguinaire, sorte de croisement entre Hitler et Staline (et on ne nous répète plus qu’il va mourir d’une grave maladie d’un jour à l’autre et que tout sera alors réglé une bonne fois pour toutes). Alors, comment comprendre la cohérence de « l’ambiguïté stratégique » du président Macron ? Même les blablateurs de chaines d’info en continu n’y arrivent plus !
Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Attal a menacé les Français hostiles à la surenchère vers la guerre : « Une victoire de la Russie, ce serait un cataclysme pour le pouvoir d’achat des Français ». Comme c’est le sujet qui touche le plus les Français dans leur quotidien (encore plus depuis le début de la guerre), il faut donc croire le Premier ministre sur parole que la guerre sauvera notre pouvoir d’achat (et pourquoi pas aussi "élargir le zizi" comme le dirait un marabout). Il faut croire aussi, comme a martelé le député Modem Jean-Louis Bourlanges devant l’Assemblée nationale, reprenant son souffle après avoir monté les trois marches de l’estrade, que « le pacifisme, c’est la guerre » risquant de citer à quelques lettres près la la formule Orwellienne de 1984 : « la paix, c’est la guerre ». Dans cette mascarade qui nous ferait rire si le sujet n’était pas si grave, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a carrément fait un inventaire des armes françaises, épelant devant la représentation, une sorte de catalogue du Milipol, qui nous donne envie de réécouter La complainte du progrès de Boris Vian.
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« 2 minutes » est le temps nécessaire pour qu’un missile RS-28 Sarmat (SATAN 2) ICBM volant à une vitesse de Mach 21 (25 930 km/h) atteigne Paris. Nous aussi « on en a des grosses », si ça rassure les frustrés de la bombe... mais que comptons-nous faire de cette « force de dissuasion » ? Cela « nous oblige », comme dirait l’autre, à au moins nous méfier des grandes déclarations à l’Assemblée nationale et ailleurs. Demandons quelques comptes à nos élus, quelques détails sur comment ils comptent faire la guerre en notre nom et pour quelles conséquences. Pour ne pas se laisser enfumer, il faut essayer de bien comprendre quel sens peut prendre le débat et dans quelle histoire il s’inscrit. Nous avons deux films pour cela.