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Les premiers Charlie

Les fondateurs de Charlie Hebdo étaient Cavanna et Choron... après l’interdiction de Hara-Kiri en 1970. Puis il y eut la déplorable reprise orchestrée par le sinistre Philippe Val, l’éviction peu glorieuse du génial Siné en 2008, la lente dégradation éditoriale et l’horrible massacre du 7 janvier 2015 qui marquent pour toujours, de sang et de larmes, l’histoire du dessin de presse. Rien ne peut vraiment être pardonné, tout a changé et la liberté d’expression en a pris un coup sur le museau. Quelques traces de ces personnages qui ont été les premiers Charlie...

Cavanna. Jusqu’à l’ultime seconde, j’écrirai

Un doc au long cours sur François Cavanna, le créateur de Charlie Hebdo et de Hara Kiri, l’inventeur de la presse satirique, l’auteur des Ritals et d’une soixantaine d’ouvrages, disparu fin janvier 2014. Le film repose sur des entretiens avec Cavanna réalisés peu de temps avant sa mort, des archives oubliées et des témoignages inédits comme ceux de Siné, Willem, Delfeil de Ton et Sylvie Caster. En filigrane l’histoire en passe d’être oubliée du premier homme qui aurait pu dire « Je suis Charlie ».

Choron dernière

Carles et Martin dessinent à la serpe le portrait du sulfureux et subversif professeur Choron dans ce film tourné sur plusieurs années, jusqu’à sa mort et même après. Ils nous plongent dans l’ambiance enfumée des rédactions de Hara-Kiri et Charlie Hebdo – dont Choron fut le cofondateur –, où les joutes verbales, les provocations et les transgressions vont bon train. Quarante ans plus tard, les rebelles ont rentré leurs griffes. Ils ont gommé le professeur Choron de la photo de famille. Il s’agissait pourtant d’un homme définitivement libre qui bravait les interdits et la morale de notre époque.

MOURIR ? PLUTÔT CREVER !

Dans le film, on voit un Siné de 80 balais continuant le combat malgré toute la merde qui lui a été déversé sur la gueule. Il n’a jamais faibli, ses fureurs sont celles de ses 20 ans. Viré de Charlie Hebdo, il rebondit en créant Siné Hebdo. C’est au fil de cette aventure qu’il raconte ses combats passés. Athée, anti-flics, anti-armées, anticolonialiste, ami des chats, fou de jazz et de salsa. Le dessinateur a pris fait et cause pour les Algériens pendant la guerre d’Algérie, a fait de Malcolm X le parrain de sa fille, s’est lié d’amitié avec Prévert. Il s’est toujours engagé, s’est parfois trompé, le reconnaît volontiers. Sa férocité, il la tient de son immense tendresse pour tous les opprimés. D’où sa rage contre les nantis de tous poils. L’homme du « journal mal élevé » avait de sacrés principes.

Willem. Que faut-il dessiner ? Des natures mortes ?

Né en 1941 en Hollande, Willem développe très tôt son goût pour les images. Avant d’avoir encore constitué les importantes archives iconographiques sur Philippe Seguin, les maladies de peau ou Jean-Paul II qu’il possède aujourd’hui, le jeune Bernhard Willem Holtrop s’intéresse déjà aux illustrations de Life Magazine, à celles des publications médicales de son père ou à la vieille bible gravée de ses parents.
Dans la presse (de Provo à Libération en passant par Hara-Kiri) et dans ses nombreux livres, Willem allie avec constance l’acuité du regard à l’humour.

Disponible gratuitement en VOD

Même pas Peur !

Même pas Peur ! nous interroge sur notre société. Il démarre le 12 janvier après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. De nombreuses thématiques sont abordées à travers un seul axe : la peur induite par le discours politique.

A travers un développement linéaire on relie la laïcité, le communautarisme aux lois sécuritaires ou à la politique de Macron. Ce développement sur 1h42 permet grâce à 20 intervenants de relier les interconnexions qui existent entre tous les problèmes volontairement isolés dans le discours ambiant.

Même pas Peur ! décode la société et donne des clefs à la réflexion pour repenser notre société.

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