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Le cinéma de Leon Hirszman

Un cycle VOD pour découvrir l’oeuvre du cinéaste brésilien Léon Hirszman.

Après des études d’ingénieur, Leon Hirszman, très tôt impliqué dans la vie sociale et politique de son pays, se consacre à la diffusion d’un cinéma militant au sein des ciné-clubs. Documentariste par vocation, il devient un des chefs de file du Cinema Novo aux côtés, entre autres, de Paulo Cesar Saraceni. Après quelques documentaires très enracinés dans les réalités sociologiques du Brésil (Maioria Absoluta sur la misère et l’analphabétisme du Nordeste en 1964, ou Garota de Ipanema, portrait de la moyenne bourgeoisie de Rio de Janeiro en 1967), Leon Hirszman met en scène son film le plus marquant : São Bernardo (1971), inspiré par l’œuvre de Graciliano Ramos, mais dont la censure retarda sa diffusion.

Producteur malheureux, animateur de la Coopérative brésilienne de cinéma, fondée par les vétérans du Cinema Novo (1980), il tourne, en 1981, un documentaire sur les grèves ouvrières (ABC da Greve) et l’adaptation d’une pièce avant-gardiste dans la description de la condition ouvrière, primée au Festival de Venise : Ils ne portent pas de smoking (Eles não usam Black-Tie).

ABC de la grêve

Bresil. 1979.
Chrysler, Ford et Volkswagen refusent de négocier avec les métallurgistes et, le 14 mars 1979, à la veille de l’arrivée du général Figueiredo à la présidence du pays, le pôle de l’ABC, le plus grand centre industriel d’Amérique Latine, entre en grève. Le nombre d’ouvriers en arrêt de travail (entre 60 000 et 90 000) impose l’ouverture d’un stade de football pour tenir un meeting. Le tribunal régional du travail déclare la grève illégale. Plus de mille policiers, des cavaliers, des chiens, des militaires et des blindés sont envoyés sur place. Un homme qui deviendra, vingt-trois ans plus tard, président de la République mène les négociations. Il est, depuis 1974, président du syndicat de la métallurgie après en avoir été le premier secrétaire. Lula parvient à faire voter la reprise du travail mais exige de vraies négociations et menace d’une nouvelle grève. Les ouvriers, vivant pour la plupart dans les favelas sans eau ni électricité, accepteront finalement une augmentation de 73 % de leur salaire.

Ils ne portent pas de smoking

Un vieux militant syndical de l’ABC pauliste s’affronte à son fils qui refuse ses idées. Une grève à l’usine, durement réprimée, provoque la rupture. Un film sur la condition prolétarienne et ses contradictions internes, d’après la pièce de Gianfrancesco Guarnieri. Lion d’or au Festival de Venise, 1981.Retour ligne automatique

Sao Bernardo

"Redécouvert au festival des Trois continents à Nantes en 2012, le film surprend toujours, plus de quarante ans après sa réalisation et sa censure au Brésil, par la rigueur extrême de l’image autant que par sa force de subversion". (Critikat)

Les films du cycle