1. Noam Chomsky
  2. Normand Baillargeon
  3. Jean Bricmont
  4. War resisters

1. Noam Chomsky

Noam Chomsky

Noam Chomsky

Théoricien du langage, né à Philadelphie en 1928, Noam Chomsky a révolutionné la linguistique avec la « grammaire générative ».

Mais Chomsky est aussi un analyste politique engagé dans toutes les luttes politiques depuis des décennies. Ses analyses claires et rationnelles des mécanismes idéologiques de nos sociétés constituent une ressource fondamentale pour la pensée critique actuelle.

Auteur de dizaines de livres, de milliers d’interventions et d’articles, qui font de lui l’auteur le plus cité dans le monde, « l’intellectuel planétaire le plus populaire » comme l’affirme Alain Finkielkraut, est beaucoup moins connu en France. En consultant par exemple les archives de Radio France depuis 40 ans, on s’aperçoit que le nom de Chomsky n’apparaît que cinq fois, pour de brèves interventions, sur France Culture dans les années 70. Jamais il n’a été entendu sur France Inter avant la diffusion des entretiens réalisés par Là-bas si j’y suis en mai 2007.
A quoi tient ce passage sous silence ?
Même si depuis quelques années ses ouvrages sont passionnément suivis par un jeune public français, une série de penseurs médiatiques s’acharne à entretenir le soupçon. Chomsky aurait eu des complaisances avec l’historien négationniste Robert Faurisson, tout comme envers Pol Pot et les génocidaires cambodgiens. Dans ses analyses des structures de l’information comme de la politique étrangère américaine, Chomsky ne serait qu’un paranoïaque archaïque inventant une fantasmatique « théorie du complot ».

Malgré les inlassables réponses de Chomsky à ses « détracteurs parisiens » depuis presque trente ans, rien n’y fait. La toute récente publication d’une étude très complète sur Chomsky par Les Cahiers de l’Herne (*), construite autour de documents complets et précis qui démontent toutes les accusations, n’a eu aucun écho dans les médias français. Mais si nos penseurs se contentent de le disqualifier et de l’occulter sans argumenter, après tout rien d’étonnant. C’est précisément les mécanismes idéologiques qui structurent l’ordre du monde présent que Noam Chomsky ne cesse de mettre à nu en décryptant les non-dits et les manipulations du discours ambiant. Car c’est le contrôle de la pensée dans les sociétés démocratiques, qu’il s’attache à dévoiler. Ainsi à l’issue d’une conférence une étudiante interpelle Chomsky : « J’aimerais savoir comment le gouvernement influence les médias ? - Il ne le fait pas. Le gouvernement n’a presque pas d’influence sur les médias. C’est comme si vous me demandiez comment le gouvernement convainc General Motors d’accroître ses profits. Cela n’a pas de sens. Les médias sont d’énormes sociétés qui ont les mêmes intérêts que le business qui domine le gouvernement. Le gouvernement n’a pas le pouvoir de dicter la conduite des médias.»

« Par le pouvoir, l’étendue, l’originalité et l’influence de sa pensée, Noam Chomsky est peut-être l’intellectuel vivant le plus important ». Cette phrase extraite d’un article du New York Times figurait sur la couverture d’un de ses livres. « Mais attention, dit Chomsky, dans le texte original elle est suivie de ceci : « Si tel est le cas, comment peut-il écrire des choses aussi terribles sur la politique étrangère américaine ». On ne cite jamais cette partie. Alors qu’en fait, s’il n’y avait pas cette deuxième phrase, je commencerais à penser sérieusement que je fais fausse route. »

A 80 ans, Noam Chomsky travaille une centaine d’heures par semaine, entre livres, articles, interventions publiques et échanges avec des centaines de correspondants à travers le monde.

S’il répond à toutes les sollicitations, son emploi du temps est organisé plusieurs mois à l’avance. Il accueille les visiteurs dans son bureau du M.I.T., au mur un grand portrait de Bertrand Russell et une poupée de chiffon du Chiapas figurant le sous-commandant Marcos.

« Je n’essaie pas de convaincre, mais d’informer. Je ne veux pas amener les gens à me croire, pas plus que je ne voudrais qu’ils suivent la ligne du parti de ce que je dénonce : autorités universitaires, médias, propagandistes avoués de l’Etat, ou autres. Par la parole comme par l’écrit, j’essaie de montrer ce que je crois être vrai, que si l’on veut y mettre un peu du sien et se servir de son intelligence, l’on peut en apprendre beaucoup sur ce que nous cache le monde politique et social. J’ai le sentiment d’avoir accompli quelque chose si les gens ont envie de relever ce défi et d’apprendre par eux-mêmes. »

« Le pouvoir nous veut triste », disait Gilles Deleuze. La dernière question posée à Noam Chomsky porte sur le progrès et ce que nous pouvons espérer changer.

« Le progrès dans les affaires humaines est un peu comme l’alpinisme, répond Noam Chomsky, vous voyez un sommet, vous peinez à y monter et soudain vous découvrez que plus loin se trouvent d’autres pics que vous n’aviez peut-être pas imaginés ».

(*) Cahiers de l’Herne : Chomsky, dirigé par Jean Bricmont et Julie Franck, Editions de l’Herne, 2007.

Bibliographie

Depuis les années 50, Noam Chomsky a publié des milliers d’articles, des centaines d’ouvrages, ses conférences et entretiens ont été reproduits dans le monde entier, dans toutes les langues… Voici juste quelques ouvrages d’actualité, permettant d’aborder simplement la pensée critique de Chomsky :

• La Fabrication du consentement (édition complète, Agone, octobre 2008)
• Comprendre le Pouvoir, l’indispensable de Chomsky (3 tomes, Aden, 2005)
• Cahier de l’Herne : Chomsky (dirigé par Jean Bricmont et Julie Franck, 2007)
• La doctrine des bonnes intentions (Fayard, 2007)
• De la guerre comme politique étrangère des Etats-Unis (Agone, 2004)
• 11-9 Autopsie des terrorismes (Serpent à plumes, 2002)
• Deux heures de lucidité : Entretiens avec Denis Robert et Weronika
Zarachowivz (Les Arènes, 2001)


2. Normand Baillargeon

Normand Baillargeon

Normand Baillargeon

Normand Baillargeon est professeur en Sciences de l’éducation à l’Université du Québec à Montréal, essayiste, militant libertaire et collaborateur de revues alternatives. Poursuivant l’idée de Noam Chomsky (« Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle »), il a imaginé à quoi cela pourrait ressembler et rédigé un Petit cours d’autodéfense intellectuelle qui a été un grand succès en librairie en 2007 (Lux éditeur).

En 2004, Normand Baillargeon avait publié L’ordre moins le pouvoir : histoire et actualité de l’anarchisme (Agone), dans lequel on retrouve Noam Chomsky à une place de choix, entre Bakounine et Kropotkine.

En 2005, il s’attaque au premier tome de Education et liberté puis la même année Les Chiens ont soif (Lux éditeur).

Il est aussi passionné de traductions, parmi lesquelles La chasse au Snark de Lewis Carroll (Édition Bilingue, Lux), Les mémoires d’un esclave de Frederik Douglass, et récemment l’étonnant et toujours d’actualité Propanganda, comment manipuler l’opinion en démocratie de Edward R. Bernays, que Normand Baillargeon a pertinemment préfacé (Zones).

Entre deux cours, deux conférences, deux publications, l’hyper-activiste Normand Baillargeon collabore régulièrement au journal Le Couac et à la revue À bâbord ! (au Québec), et a rejoint les contributeurs de la revue française Siné Hebdo.

3. Jean Bricmont

Jean Bricmont

Jean Bricmont

Jean Bricmont est professeur de physique théorique à l’Université Catholique de Louvain. Il est aussi l’auteur, avec l’Américain Alan Sokal, de Impostures intellectuelles, qui démystifie l’usage intempestif du langage scientifique et « les extrapolations abusives des sciences exactes aux sciences humaines » (éd. Odile Jacob, 1997). En 2003, il publie À l’ombre des Lumières, avec Régis Debray (éd. Odile Jacob).

Si être « Chomskien » avait un sens, on dirait de Jean Bricmont qu’il en est un des plus actifs en Europe. Jean Bricmont préfère défendre simplement l’utilité d’un intellectuel qui « permet de penser autrement, de sortir d’un cadre de pensée insuffisamment rationaliste, de démonter l’idéologie dominante. »

En janvier 2007, il codirige un Cahier de L’Herne avec Julie Franck (ouvrage collectif) consacré à Noam Chomsky. C’est d’ailleurs cet ouvrage qui fut le déclencheur de la série d’entretiens réalisés pour Là-bas si j’y suis.

Dans la continuité des analyses de Noam Chomsky, Jean Bricmont a publié en 2005 : Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ? (Aden).

4. War resisters (uniquement dans la version DVD)

War resisters

War resisters

Basée à Toronto (Canada), l’association War resisters a lancé une campagne de soutien aux résistants à la dernière guerre en Irak (War resisters support campaign) depuis 2004.
Avec : Lee Zaslovsky, qui a déserté la guerre du Vietnam et qui est aujourd’hui coordinateur du mouvement “Stop the War” - mouvement de soutien aux déserteurs américains. Et Phil McDowell qui s’est engagé au lendemain des attaques du 11/09 et s’est lui aussi réfugié au Canada.

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