La gauche radicale et ses tabous

A l’occasion de la sortie en décembre dernier du livre La gauche radicale et ses tabous (le Seuil), nous mettons à disposition ici, en libre circulation, une vidéo réalisée dans notre série des entretiens mutins (contre la pensée tiède).

La gauche radicale et ses tabous : Entretien avec Aurélien Bernier

Dans cet entretien, Aurélien Bernier part d’un constat douloureux mais irréfutable : malgré le succès de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2012, c’est bien le Front National qui réussit le mieux aujourd’hui à capter le mécontentement populaire. Comme dans la plupart des pays d’Europe, la crise du capitalisme profite moins à la gauche radicale qu’à une mouvance nationaliste favorable au capitalisme. C’est ce paradoxe qui est analysé par l’auteur.
Paralysé par la peur de "dire la même chose que Le Pen", le Front de gauche s’enferme dans trois contradictions. Il veut restaurer la souveraineté populaire mais ne défend plus la Nation, seule espace possible pour une réelle démocratie. Il lutte pour "une autre Europe", sociale et solidaire, mais n’assume pas la nécessaire rupture avec l’ordre juridique et monétaire européen. Il est anticapitaliste mais renonce au protectionnisme contre le libre échange mondialisé qui brise toutes les résistances.
Souveraineté populaire et nationale, désobéissance européenne et protectionnisme : tels sont les trois sujets tabous dont la gauche radicale doit se ressaisir, au lieu de les abandonner au Front National qui a beau jeu de se présenter comme le seul protecteur du peuple français. Ce même Front National qui, dans les années 80, chantaient les louanges de Ronald Reagan et de l’ultralibéralisme...

Aurélien Bernier, ancien dirigeant d’Attac et proche du Front de Gauche, collabore régulièrement au Monde Diplomatique. Il a notamment publié Le Climat, otage de la finance (2008), Désobéissons à l’Union européenne ! (2011) et Comment la mondialisation a tué l’écologie (2012), aux éditions Mille et Une Nuits.

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Chapitres :
Le double retournement
Le tabou protectionnisme
Le tabou européen
Le tabou de la souveraineté nationale et populaire
Communistes contre trotskystes
La démondialisation
Les réactions au sein du Front de Gauche

Réalisation : Brice Gravelle - Image : Antonin Richard - Son : Laure Guillot - Les Mutins de Pangée - Mars 2014


Revue de presse

Pourquoi le F.N. fait mieux que le Front de gauche pour capter le mécontentement populaire ? un entretien avec Aurélien Bernier pour l’émission Là-Bas si j’y suis à réécouter ici

La critique du livre par Serge Halimi à lire ici

La critique de Jacques Sapir sur son blog et la réponse d’Aurélien Bernier ici

Deux livres de François Ruffin pour poursuivre la réflexion

Faut-il faire sauter l’Europe ?
C’est pas rien l’Europe.
Elle surveille nos déficits et contrôle nos budgets. Elle gère notre monnaie.
Elle en appelle à la « compétitivité » et à la « modération salariale ».
Mais autant on surveille l’Élysée, autant la Commission, rien que d’y songer ça nous fait bâiller : comment s’informer sur ce machin qui, à deux heures en Thalys de Paris, nous paraît si lointain ?
Pour s’informer sur l’Europe, on a donc fait du tourisme.
On a visité le « quartier européen », un kilomètre carré, environ.
On a flâné parmi ces bâtiments aux vitres teintées, ces grandes esplanades.
Et à se balader entre les tours, on découvre d’autres détails, qui peuvent nous servir de symboles.
C’est une plaque d’amitié, devant l’entrée du Parlement, entre les lobbies et les députés européens. C’est une statue portant un euro à bout de bras. C’est un portrait géant de Jacques Delors.
Et puis, on est rentrés dans les tours, on a discuté avec les « décideurs », fonctionnaires, élus, lobbyistes, syndicalistes, comme ça, en reporter qui baguenaude. Et s’affiche tranquillement la fusion, la confusion, de la politique avec la finance.
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"Pauvres actionnaires", quarante ans de discours économiques du Front national passés au crible
Marine Le Pen s’en prend, aujourd’hui, « aux marchés financiers, aux milliardaires qui détricotent notre industrie et jettent des millions d’hommes et de femmes de notre pays dans le chômage, la précarité et la misère. Oui il faut en finir avec le règne de l’argent-roi ».
Depuis quand, se demande François Ruffin, un peu embêté, depuis quand le Front national cause comme ça, un peu comme lui ?
Qu’est-ce qui relève de l’imposture, ou du vernis social ?
Qu’est-ce qui, à l’inverse, est profondément ancré dans le discours du FN ?
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